Vendredi 8 avril 2005

Le jeudi arriva bien vite. Le cours débutait à 20h si je me rappelle bien. A mon arrivée le cours précédent touchait à sa fin. C’était un cours d’un niveau supérieur et il y avait beaucoup de monde. De là ou j’étais je n’apercevais pas Mr Cuno qui accompagnait ses élèves au piano. Ces derniers exécutaient en boucle une chorégraphie très technique qui combinait beaucoup de difficultés des claquettes comme les wings et les pullback. En attendant la fin du cours, je demandai s’il y avait un vestiaire, on m’expliqua qu’il fallait aller à l’étage. Chose que je fis. Arrivée en haut, grande fut ma surprise quand je vis le bordel qu’il y avait, les vêtements des élèves étaient disposés un peu partout et bien sûr je ne savais pas ou mettre les miens. J’étais loin de mon vestiaire presque personnel de chez Laurent. Malgré ça je réussi à me frayer une petite place.

 

En redescendant le cours était terminé, Mr Cuno était au comptoir et discutait avec ses élèves. Je pu remarquer son accent, il était américain, il n’y avait pas de doute la dessus et parlait très bien français. Alors qu’il se fumait une clope on échangea quelques mots. Il avait un truc dans le regard qui me faisait le trouver spécial.

 

Le cours débuta. Les élèves et moi-même avons formé deux lignes derrière Mr Cuno. Il commença par nous faire faire une série de shuffle, shuffle step heel pour nous échauffer un peu les chevilles. Ensuite il alla à son piano et joua une mélodie en même temps que nous exécutions l’enchaînement qu’il nous avait montré. Tout le cours avait à peu près la même structure. Il était parfois interrompu par des réflexions douteuses de Mr Cuno. A la fin, il concaténait tout ce que nous avions vu pour en faire une chorégraphie synthétique.

 

Ca c’était bien passé, le niveau 4 était largement à ma portée et j’envisageai déjà de faire en parallèle le niveau 5. Malheureusement les horaires du niveau 5 ne me convenaient pas. Il y avait bien un cours le mercredi à 12h30 mais bon vu qu’il n’y avait pas de douche je me voyais mal rentré au boulot en sieur sans compter qu’entre midi et deux je n’avais droit qu’à une heure pour aller manger. Bref le cours me plu bien, j’aimais bien l’initiative qu’avait Mr Cuno de nous faire passé l’un après l’autre même si parfois on frôlait le ridicule. Le niveau était homogène ce que j’appréciais. Avant de partir je discutai à nouveau avec Mr Cuno qui était d’accord à ce que j’essaye son cours de niveau 5. Il me laissa une bonne impression, j’allais revenir.

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Mercredi 6 avril 2005

Voilà, les déménageurs étaient venus et petit à petit j’ouvrais mes cartons pour rendre agréable mon appartement. J’avais un peu de mal les week-ends à Paris car je ne pouvais plus aller me balader au bord de la mer. Comme j’avais commencé à travailler début septembre, je n’avais pas tellement de temps libre pour essayer de retrouver les activités extra professionnelles que je faisais à Marseille. Il me fallait bien sûr trouvé un cours de claquettes car il était hors de question que j’arrêta !

 

J’avais déjà une idée de là ou je pouvais en faire. Quand j’étais à Marseille j’étais entré en contact, via le net, avec un danseur de claquette qui d’après ses dires donnaient des représentations avec sa copine. Il s’agissait du couple « Antoine et Laure ». Il m’avait dit qu’il avait été élève d’un certain Victor Cuno qui était un professeur de claquette américain très réputé sur Paris et en Europe en général. C’est donc tout naturellement que j’ai cherché les coordonnées de cette école.

 

J’y suis allé un samedi matin, Victor Cuno n’était pas là ce jour là, mais je pris les renseignements auprès de la dame de l’accueil. Je ne m’attendais pas à de tels locaux moi qui étais habitué à l’école de Laurent. En effet Victor Cuno donnait non seulement des cours de claquettes, mais vendaient aussi des chaussures de claquettes, des livres, des compact discs, des DVD et des chorégraphies en relation avec les claquettes. Du coup, ce qui me frappa c’est que l’espace réservé au cours était très petit, je dirai à vue d’œil 30 m². De plus, tout au tour du parquet se dressait des boîtes à chaussures.

 

J’avais pris les informations dont j’avais besoin. Il y avait au total sept niveaux de cours. Je décidai de commencer par le cours de niveau quatre qui était celui ou l’on introduisait les pullbacks. Je devais suivre mon premier cours chez SwingTap, nom de l’école, le jeudi suivant.

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Mardi 5 avril 2005

Ma décision était prise, je devais quitter Marseille. J’avais envoyé des CV dans la région PACA et à Paris. Finalement c’est une offre de Paris qui me plu. J’avais de la famille à Paris et comme me disait une amie, en montant à Paris je me rapprochais de la Guadeloupe.

 

J’avais déjà averti Laurent de mon départ, ça l’avait attristé mais il était très respectueux du choix des gens. J’étais excité de partir, de découvrir Paris mais en même temps je savais que je quittai une hygiène de vie meilleure.

 

J’avais trouvé un appartement à Champigny-Sur-Marne. Il s’agissait d’un deux pièces remis à neuf, très jolie. J’avais troqué la proximité de la plage du Prado par la proximité du Parc du Tremblay. J’avais commencé à travailler dans ma nouvelle boîte avant même d’emménager car mes affaires allaient arriver dans une semaine. Je vivais en attendant à Créteil chez ma marraine.

 

J’avais franchi le pas, j’avais quitté Marseille, la ville métropolitaine que j’avais le plus apprécié pour aller dans la capitale Paris.
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Jeudi 31 mars 2005

Nous étions en plein mois d’Août, il faisait très chaud à Marseille et les vacances battaient leur plein. Alors que j’étais chez moi, je reçu un coup de fil de Pierre où il me disait qu’un de ses potes lui avait parlé de quelqu’un qui cherchait des danseurs noirs sachant faire des claquettes dans le but de monter une troupe. Bien que j’avais d’autres préoccupations j’ai accepté d’accompagner Pierre à cette audition car je savais qu’il avait tout plaqué pour se consacrer à la danse.

 

Le lieu de l’audition se situait dans l’enceinte même d’une école de comédie musicale située en plein Marseille. En arrivant avec Pierre, j’aperçu dans un coin du hall d’entrée un homme assis derrière un comptoir qui se faisait un thé. Pierre me dit qu’il s’agissait de Gréco, le responsable de l’école mais aussi celui qui avait le projet de monter la  troupe. Très vite Gréco entama la conversation avec Pierre. Il était très dynamique et parlait fort, un vrai meneur d’homme me suis-je dit. Alors qu’il discutait avec Pierre j’ai remarqué qu’il tapait étant assis. Vu les rythmiques qu’il faisait je compris que la répétition n’allait pas être dans le style enseigné par Laurent. Gréco nous invita à venir dans une salle pour auditionner. Pierre était super stressé alors que moi j’étais cool.

 

Tout d’abord il nous demanda si nous avions un truc à lui montrer. Pierre et moi nous sommes regardés quelques instants puis nous lui avons dit que non (Pierre avait du sentir comme moi qu’exécuter une chorégraphie de Laurent ne passerait pas). Comme Gréco senti que nous étions un peu désappointés face à sa première requête il nous invita à le suivre dans une série d’exercice de claquettes qu’il exécuterait. C’était clair, ce qu’il faisait n’avait rien à voir avec le style de Laurent, primo il dansait sur du funk, deuzio il s’agissait essentiellement de rythmique. Nous nous en sommes bien sortis tout de même. De toute évidence Gréco voulait juste savoir si nous savions faire des claquettes. Après ça, je pensais que c’était fini. Ce n’était pas le cas, ensuite Gréco nous dit qu’il allait nous faire auditionner sur du modern jazz. Je regardais Pierre pantois. Il ne m’avait pas dit qu’il y aurait eu une audition sur du modern jazz donc j’ai refusé de la faire. Gréco montra ce qu’il voulait que Pierre fasse puis ce dernier s’exécuta tant bien que mal (Pierre avait pris des cours de modern jazz cette année là). L’audition terminée, Gréco nous dit qu’il devait voir quelques autres danseurs et qu’il nous appellerait pour nous dire si nous étions pris ou pas.

 

Quelques semaines plus tard Pierre m’appela pour me dire qu’il avait été pris mais pas moi. Il avait rendez-vous avec Gréco dans l’après midi et me proposa de venir avec lui. Gréco expliqua à Pierre ses projets et le rassura quant au contrat de travail. Puis il m’expliqua qu’il ne m’avait pas pris parce que j’avais un boulot et que je ne lui avais pas donné l’impression de vouloir le quitter, chose que je reconnaissais. J’étais un peu déçu même si je ne me sentais pas prêt à tout quitter pour la danse. Et puis je savais bien qu’avec son nouveau boulot mes escapades avec Pierre allaient prendre fin.

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Mercredi 30 mars 2005

Au cours de cette année, Pierre et moi étions très sollicités. Non seulement le spectacle de Laurent présentait beaucoup plus de chorégraphie claquettes que l’année d’avant mais Nadine, l’amie de Pierre voulait aussi qu’on participe à son spectacle de fin d’année. Par ailleurs je ne l’ai pas mentionné mais j’avais commencé à prendre des cours de Salsa et de Be-bop. Les répétitions n’arrêtaient pas, que ce soit avec Laurent ou avec Nadine. Parfois, il arrivait à Pierre qui sortait souvent, de venir en cours ou en répétition après n’avoir dormi que deux heures ! Malgré moi, j’adorais cette vie, être sollicité à droite à gauche sans que rien ne soit prévu à l’avance.

 

Les répétitions du spectacle de Laurent se passèrent bien. L’ambiance était bonne comme l’année d’avant avec bien sûr un peu moins d’excitation. Le jour du spectacle, je suis arrivé très en retard à l’ultime répétition. Pratiquement une heure après l’heure adéquate. En réalité je m’étais perdu en voiture. Laurent et toute la troupe étaient très inquiets. Quand je suis arrivé j’appris que Pierre avait même pris sa moto pour essayer de me retrouver en vain. Fort de cet évènement la répétition se poursuivit dans la joie et l’allégresse.

 

L’heure du spectacle arriva. Je savais que ça allait se passer un peu comme le spectacle précédent. La seule différence c’est que je devais exécuter beaucoup plus de chorégraphies et que Pierre et moi allions interpréter trois duos dont le sien ! Du coup j’étais beaucoup plus concentré. Je savais que nous avions progressé et ça devait se voir, c’est pour cela que je voulais absolument réussir à sourire en dansant. Le spectacle se déroula bien, l’une de nos chorégraphies les plus applaudie fut celle créée par Pierre. Je me suis vraiment éclaté dessus, surtout lors des jeux de scènes.

 

A la fin du spectacle je pu goutter à la sortie des artistes. Bien que j’y avais déjà goutté lors du précédent spectacle, cette sortie des artistes m’a beaucoup plus marquée. Les gens nous félicitaient, nous faisaient des compliments, nous demandaient depuis combien de temps nous faisions des claquettes etc. A dire vrai, jusqu’au lendemain midi j’étais sur un nuage et comme il faisait beau sur la planète Mars, j’ai décidé d’y rester jusqu’au couché du soleil.

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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