Le jeudi arriva bien vite. Le cours débutait à 20h si je me rappelle bien. A mon arrivée le cours précédent touchait à sa fin. Cétait un cours dun niveau supérieur et il y avait beaucoup de monde. De là ou jétais je napercevais pas Mr Cuno qui accompagnait ses élèves au piano. Ces derniers exécutaient en boucle une chorégraphie très technique qui combinait beaucoup de difficultés des claquettes comme les wings et les pullback. En attendant la fin du cours, je demandai sil y avait un vestiaire, on mexpliqua quil fallait aller à létage. Chose que je fis. Arrivée en haut, grande fut ma surprise quand je vis le bordel quil y avait, les vêtements des élèves étaient disposés un peu partout et bien sûr je ne savais pas ou mettre les miens. Jétais loin de mon vestiaire presque personnel de chez Laurent. Malgré ça je réussi à me frayer une petite place.
En redescendant le cours était terminé, Mr Cuno était au comptoir et discutait avec ses élèves. Je pu remarquer son accent, il était américain, il ny avait pas de doute la dessus et parlait très bien français. Alors quil se fumait une clope on échangea quelques mots. Il avait un truc dans le regard qui me faisait le trouver spécial.
Le cours débuta. Les élèves et moi-même avons formé deux lignes derrière Mr Cuno. Il commença par nous faire faire une série de shuffle, shuffle step heel pour nous échauffer un peu les chevilles. Ensuite il alla à son piano et joua une mélodie en même temps que nous exécutions lenchaînement quil nous avait montré. Tout le cours avait à peu près la même structure. Il était parfois interrompu par des réflexions douteuses de Mr Cuno. A la fin, il concaténait tout ce que nous avions vu pour en faire une chorégraphie synthétique.
Ca cétait bien passé, le niveau 4 était largement à ma portée et jenvisageai déjà de faire en parallèle le niveau 5. Malheureusement les horaires du niveau 5 ne me convenaient pas. Il y avait bien un cours le mercredi à 12h30 mais bon vu quil ny avait pas de douche je me voyais mal rentré au boulot en sieur sans compter quentre midi et deux je navais droit quà une heure pour aller manger. Bref le cours me plu bien, jaimais bien linitiative quavait Mr Cuno de nous faire passé lun après lautre même si parfois on frôlait le ridicule. Le niveau était homogène ce que jappréciais. Avant de partir je discutai à nouveau avec Mr Cuno qui était daccord à ce que jessaye son cours de niveau 5. Il me laissa une bonne impression, jallais revenir.
Par Rakoun
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Voilà, les déménageurs étaient venus et petit à petit jouvrais mes cartons pour rendre agréable mon appartement. Javais un peu de mal les week-ends à Paris car je ne pouvais plus aller me balader au bord de la mer. Comme javais commencé à travailler début septembre, je navais pas tellement de temps libre pour essayer de retrouver les activités extra professionnelles que je faisais à Marseille. Il me fallait bien sûr trouvé un cours de claquettes car il était hors de question que jarrêta !
Javais déjà une idée de là ou je pouvais en faire. Quand jétais à Marseille jétais entré en contact, via le net, avec un danseur de claquette qui daprès ses dires donnaient des représentations avec sa copine. Il sagissait du couple « Antoine et Laure ». Il mavait dit quil avait été élève dun certain Victor Cuno qui était un professeur de claquette américain très réputé sur Paris et en Europe en général. Cest donc tout naturellement que jai cherché les coordonnées de cette école.
Jy suis allé un samedi matin, Victor Cuno nétait pas là ce jour là, mais je pris les renseignements auprès de la dame de laccueil. Je ne mattendais pas à de tels locaux moi qui étais habitué à lécole de Laurent. En effet Victor Cuno donnait non seulement des cours de claquettes, mais vendaient aussi des chaussures de claquettes, des livres, des compact discs, des DVD et des chorégraphies en relation avec les claquettes. Du coup, ce qui me frappa cest que lespace réservé au cours était très petit, je dirai à vue dil 30 m². De plus, tout au tour du parquet se dressait des boîtes à chaussures.
Javais pris les informations dont javais besoin. Il y avait au total sept niveaux de cours. Je décidai de commencer par le cours de niveau quatre qui était celui ou lon introduisait les pullbacks. Je devais suivre mon premier cours chez SwingTap, nom de lécole, le jeudi suivant.
Par Rakoun
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Ma décision était prise, je devais quitter Marseille. Javais envoyé des CV dans la région PACA et à Paris. Finalement cest une offre de Paris qui me plu. Javais de la famille à Paris et comme me disait une amie, en montant à Paris je me rapprochais de la Guadeloupe.
Javais déjà averti Laurent de mon départ, ça lavait attristé mais il était très respectueux du choix des gens. Jétais excité de partir, de découvrir Paris mais en même temps je savais que je quittai une hygiène de vie meilleure.
Javais trouvé un appartement à Champigny-Sur-Marne. Il sagissait dun deux pièces remis à neuf, très jolie. Javais troqué la proximité de la plage du Prado par la proximité du Parc du Tremblay. Javais commencé à travailler dans ma nouvelle boîte avant même demménager car mes affaires allaient arriver dans une semaine. Je vivais en attendant à Créteil chez ma marraine.
Javais franchi le pas, javais quitté Marseille, la ville métropolitaine que javais le plus apprécié pour aller dans la capitale Paris.
Par Rakoun
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Nous étions en plein mois dAoût, il faisait très chaud à Marseille et les vacances battaient leur plein. Alors que jétais chez moi, je reçu un coup de fil de Pierre où il me disait quun de ses potes lui avait parlé de quelquun qui cherchait des danseurs noirs sachant faire des claquettes dans le but de monter une troupe. Bien que javais dautres préoccupations jai accepté daccompagner Pierre à cette audition car je savais quil avait tout plaqué pour se consacrer à la danse.
Le lieu de laudition se situait dans lenceinte même dune école de comédie musicale située en plein Marseille. En arrivant avec Pierre, japerçu dans un coin du hall dentrée un homme assis derrière un comptoir qui se faisait un thé. Pierre me dit quil sagissait de Gréco, le responsable de lécole mais aussi celui qui avait le projet de monter la troupe. Très vite Gréco entama la conversation avec Pierre. Il était très dynamique et parlait fort, un vrai meneur dhomme me suis-je dit. Alors quil discutait avec Pierre jai remarqué quil tapait étant assis. Vu les rythmiques quil faisait je compris que la répétition nallait pas être dans le style enseigné par Laurent. Gréco nous invita à venir dans une salle pour auditionner. Pierre était super stressé alors que moi jétais cool.
Tout dabord il nous demanda si nous avions un truc à lui montrer. Pierre et moi nous sommes regardés quelques instants puis nous lui avons dit que non (Pierre avait du sentir comme moi quexécuter une chorégraphie de Laurent ne passerait pas). Comme Gréco senti que nous étions un peu désappointés face à sa première requête il nous invita à le suivre dans une série dexercice de claquettes quil exécuterait. Cétait clair, ce quil faisait navait rien à voir avec le style de Laurent, primo il dansait sur du funk, deuzio il sagissait essentiellement de rythmique. Nous nous en sommes bien sortis tout de même. De toute évidence Gréco voulait juste savoir si nous savions faire des claquettes. Après ça, je pensais que cétait fini. Ce nétait pas le cas, ensuite Gréco nous dit quil allait nous faire auditionner sur du modern jazz. Je regardais Pierre pantois. Il ne mavait pas dit quil y aurait eu une audition sur du modern jazz donc jai refusé de la faire. Gréco montra ce quil voulait que Pierre fasse puis ce dernier sexécuta tant bien que mal (Pierre avait pris des cours de modern jazz cette année là). Laudition terminée, Gréco nous dit quil devait voir quelques autres danseurs et quil nous appellerait pour nous dire si nous étions pris ou pas.
Quelques semaines plus tard Pierre mappela pour me dire quil avait été pris mais pas moi. Il avait rendez-vous avec Gréco dans laprès midi et me proposa de venir avec lui. Gréco expliqua à Pierre ses projets et le rassura quant au contrat de travail. Puis il mexpliqua quil ne mavait pas pris parce que javais un boulot et que je ne lui avais pas donné limpression de vouloir le quitter, chose que je reconnaissais. Jétais un peu déçu même si je ne me sentais pas prêt à tout quitter pour la danse. Et puis je savais bien quavec son nouveau boulot mes escapades avec Pierre allaient prendre fin.
Par Rakoun
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Au cours de cette année, Pierre et moi étions très sollicités. Non seulement le spectacle de Laurent présentait beaucoup plus de chorégraphie claquettes que lannée davant mais Nadine, lamie de Pierre voulait aussi quon participe à son spectacle de fin dannée. Par ailleurs je ne lai pas mentionné mais javais commencé à prendre des cours de Salsa et de Be-bop. Les répétitions narrêtaient pas, que ce soit avec Laurent ou avec Nadine. Parfois, il arrivait à Pierre qui sortait souvent, de venir en cours ou en répétition après navoir dormi que deux heures ! Malgré moi, jadorais cette vie, être sollicité à droite à gauche sans que rien ne soit prévu à lavance.
Les répétitions du spectacle de Laurent se passèrent bien. Lambiance était bonne comme lannée davant avec bien sûr un peu moins dexcitation. Le jour du spectacle, je suis arrivé très en retard à lultime répétition. Pratiquement une heure après lheure adéquate. En réalité je métais perdu en voiture. Laurent et toute la troupe étaient très inquiets. Quand je suis arrivé jappris que Pierre avait même pris sa moto pour essayer de me retrouver en vain. Fort de cet évènement la répétition se poursuivit dans la joie et lallégresse.
Lheure du spectacle arriva. Je savais que ça allait se passer un peu comme le spectacle précédent. La seule différence cest que je devais exécuter beaucoup plus de chorégraphies et que Pierre et moi allions interpréter trois duos dont le sien ! Du coup jétais beaucoup plus concentré. Je savais que nous avions progressé et ça devait se voir, cest pour cela que je voulais absolument réussir à sourire en dansant. Le spectacle se déroula bien, lune de nos chorégraphies les plus applaudie fut celle créée par Pierre. Je me suis vraiment éclaté dessus, surtout lors des jeux de scènes.
A la fin du spectacle je pu goutter à la sortie des artistes. Bien que jy avais déjà goutté lors du précédent spectacle, cette sortie des artistes ma beaucoup plus marquée. Les gens nous félicitaient, nous faisaient des compliments, nous demandaient depuis combien de temps nous faisions des claquettes etc. A dire vrai, jusquau lendemain midi jétais sur un nuage et comme il faisait beau sur la planète Mars, jai décidé dy rester jusquau couché du soleil.
Par Rakoun
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