Jeudi 17 mars 2005

Alors que le rideau se relevait lentement et que la musique se lançait, nous commencions à danser. J’étais dans la rangée du fond, ce qui m’arrangeait car si je faisais une erreur ça se verrait moins. Après quelques secondes toute la scène était visible par le public. Je n’avais pas trop le trac car nous dansions tous ensemble. L’union fait la force comme on dit. De là ou j’étais j’apercevais à peine le public, ce qui m’arrangeait. Cette première chorégraphie était un bon moment car nous nous observions mutuellement ce qui avait l’avantage de nous mettre le sourire aux lèvres. Une fois l’entrée terminée, nous sommes pour la plupart sortis de scène avec l’impression d’avoir passé le plus dure. Il nous fallait vite nous changer car de nombreuses chorégraphies allaient suivre et pour chacune d’entre elles nous avions des costumes différents.

 

Alors que la section Jazz de Laurent entamait sa chorégraphie, nous, les tap-danceurs et tap-danceuses débutants nous nous préparions à exécuter notre première chorégraphie. La tension montait au sein de notre petit groupe. Certaines étaient persuadées qu’elles avaient tout oublié, d’autres suppliaient Pierre et moi de ne pas nous tromper car ils nous avaient toujours suivis pendant les répétitions. Bref, la pression était en parti sur nos deux épaules.

 

Notre tour arriva. Dès les premiers steps, j’étais à l’aise voir euphorique. Nous avions tellement bien répété que je réussi à donner 75% de moi lors ce premier passage. Le fait d’avoir fait une première scène avec Pierre m’avait beaucoup servi, je savais qu’il fallait être à la fois très concentré et détendu pour vaincre le trac. A la fin de notre prestation, que le public apprécia, chacun d’entre nous était fier de lui, certains même semblaient déjà prendre la grosse tête.

 

La suite du spectacle se déroula un peu de la même façon, alternant chorégraphie Jazz et chorégraphie claquettes. Cependant, pour Pierre et moi, le plus difficile restait à venir. Il s’agissait bien sûr de notre duo. Alors qu’une ancienne élève de Laurent qui, à l’époque, dansait dans la comédie musicale « Notre dame de Paris », exécutait une chorégraphie époustouflante, Pierre et moi revêtions notre costume de scène, pantalon en lycra blanc, juste au corps et queue de pie. Nous étions très beaux ainsi vêtus paraît-il.

 

Notre duo allait commencer. Nous attendions chacun de part et d'autre de la salle. Un noir scène avait était fait. La musique se lança, la lumière éclaira la scène et nous ne tardèrent pas à y pénétrer. J’étais vraiment à l’aise, je me régalais, je commençais à vivre cette chorégraphie. La fin de notre prestation se termina sous un tonnerre d’applaudissement qui nous fit le plus grand bien.

 

Le plus dur pour nous était passé. Les chorégraphies suivantes se passèrent très bien, Laurent avait vraiment fait du bon boulot. Les deux heures de spectacle se clôturèrent par le fameux final. Il s’agit en fait de la chorégraphie de l’entrée mais avec quelques variantes. C’est uniquement au cours du final que Laurent et Lucette montent sur scène pour se faire applaudir par le public. C’est aussi le moment ou on commence à décompresser.

 

Voilà, c’est ainsi que se déroula mon premier spectacle de fin d’année chez Mr Laurent Biancotto, j’en garde un souvenir inoubliable et je dois avouer que les deux mois de répétitions étaient meilleurs que le spectacle en lui-même.

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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Dimanche 13 mars 2005

Nous étions le 19 Juin 1999. Je m’étais levé tôt car il fallait que je me rendre au théâtre du Gymnase à 8h. J’avais préparé toutes mes affaires la veille. L’atmosphère était particulière ce jour là à Marseille, car Massilia fêtait ses 2600 ans et un grand carnaval rassemblant toutes les communautés de la ville se préparait. A 7h du matin j’ai sauté dans la R5 que m’avait prêté ma sœur pour l’année et je me rendis tranquillement au théâtre. A mon arrivée, une grande partie des élèves étaient déjà là. Alors que je papotais avec le groupe des débutants en claquettes, Pierre fit son apparition remarquée. Il avait un look très branché comme à son habitude ce qui anima la galerie. Lucette et Laurent ne tardèrent pas à arriver. Ce dernier était plutôt bien vêtu et avait mis ses lunettes de soleil. Après avoir vérifié d’un regard que tout le monde était là, il fit ouvrir le théâtre par un responsable.

 

Quand nous entrâmes dans le théâtre, je fus émerveillé. Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de pénétrer un si beau théâtre alors qu’il est encore vide. Les sièges étaient en velours rouges et les allées recouvertes de tapis rouges. Les sièges du bas étaient entourés de balcons s’élevant sur deux à trois étages et formant un arc de cercle. La lumière y était tamisée et l’insonorisation presque parfaite. Devant moi s’étendait la scène, qui n’était pas encore totalement éclairée, ce qui la rendait plutôt petite. Une fois que tous les élèves étaient entrés dans le théâtre, Laurent et Lucette nous conduisirent aux loges. A dire vrai je ne m’attendais pas à ce qu’on ait des loges ! Sur chaque porte de chaque loge étaient inscrits les noms de ceux à qui elle était affectée. C’est ainsi que nous les garçons nous furent dans la même loge. Ce n’était pas la plus grande mais il y avait tout ce dont on avait besoin, miroirs, porte-vêtements, etc. Les loges des filles étaient encore mieux, certaines même avaient un écran permettant de suivre ce qui se passait sur la scène du théâtre. L’ambiance était encore excellente, nous n’avions pas encore la pression, on profitait de l’instant présent.

 

Très rapidement vint l’heure des choses sérieuses, il fallait répéter et Laurent convoqua tout le groupe pour commencer la répétition finale. J’étais content que ça commence car j’allais enfin pouvoir monter sur cette scène. Laurent donna à chacun d’entre nous le programme du spectacle qui comportait un entracte. Il devait nous servir à ne pas nous tromper lors de l’enchaînement des différentes chorégraphies, au cas où. Les répétitions se déroulèrent plutôt bien à l’exception d’un monsieur qui a faillit abandonner car il pensait qu’il n’y arriverait pas. Heureusement sa femme lui a parlé et finalement tout est rentré dans l’ordre. Laurent et Lucette nous regardaient répéter dans la salle, ça leur permettait d’avoir le point de vue du public. Le plus difficile lors de cette répétition était de danser en souriant, Laurent l’exigeait.

 

Nous avons dû terminer les répétitions à midi. Nous avions quartier libre jusqu’à 16h car Laurent voulait que tout le monde soit là bien avant le début du spectacle qui devait commencer à 20h30. Moi j’ai profité de cette pause pour aller piquer un somme chez moi.

 

A 15h j’étais debout, je n’avais pas grand-chose à prendre car j’avais laissé toutes mes affaires au théâtre. Sur le chemin je pu remarquer que Marseille était déjà en fête pour commémorer ses 2600 ans d’histoire. En arrivant au théâtre presque tout le monde était là, certains se reposaient encore, d’autres grignotaient ou racontaient des blagues. Nous restâmes ainsi à discuter ensemble ou à réviser ensemble certaines parties de chorégraphie dont nous n’étions plus sûrs, ceci jusqu’à 18h, heure à laquelle Laurent nous appela tous.

 

Je commençais à sentir monter progressivement la pression, nous n’avions plus le droit de nous balader dans le théâtre mais devions rester confiner derrière la scène ou dans les loges. Lucette nous fit mettre nos costumes destinés à la chorégraphie de l’entrée que tout le monde  faisait. Une fois qu’elle eut vu tout le monde, elle nous appela au fur et à mesure pour nous maquiller ! Moi qui n’aimait pas ça, je dû me plier à sa volonté. Nous étions tous fin prêt. D’ailleurs le fait de savoir que nous ne pouvions plus reculer me mettait encore plus la pression. A 20h on nous appris que les spectateurs arrivaient. C’était marrant, le fait de nous avoir interdit d’aller dehors ou dans la salle nous avait un peu coupé de la réalité, la magie commençait-elle à opérer ?

 

Plus l’échéance approchait, plus je sentais la pression montée et plus je perdais mon assurance. Il était 20h15 et nous étions déjà tous derrière les rideaux. J’entendais le mouvement de la salle, il y avait bien du monde. Nous étions tous à nos places, prêts à entamer la chorégraphie d’entrée. C’était imminent, les deux petites nièces de Laurent venaient de finir leur petit discours de présentation, nous étions encore dans le noir, 3, 2, 1.

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Jeudi 10 mars 2005

Depuis que Laurent nous faisait répéter la chorégraphie tous les samedi soirs, Pierre et moi avions décidé d’aller la travailler dans la salle ou il donnait ses cours de gym. D’ailleurs je ne l’ai pas mentionné dans les articles précédents, mais un jour, lors d’une de ces fameuses répétitions nocturnes, Laurent nous avait dit que nous étions en mesure de réaliser la chorégraphie pour le spectacle. Il trouvait que Pierre et moi formions un très beau duo et il n’était pas le seul. Ce que ne savait pas Laurent ce jour là c’est que depuis qu’il nous avait montré la chorégraphie Pierre et moi n’avions pas arrêté de la répéter régulièrement.

 

Un jour alors que nous répétions ensemble, Pierre me parla d’une amie à lui, Nadine, qui avait une école de danse et qui était intéressée par un numéro de claquettes dans son spectacle de fin d’année. Le spectacle devait avoir lieu dans les deux semaines. J’étais paniqué. J’essayais de raisonner Pierre en lui disant que deux semaines c’était trop court pour intégrer notre numéro dans un spectacle que nous ne connaissions pas. Bref, il n’y avait rien à faire, Pierre me dit que tout se passera bien que je n’avais pas à m’inquiéter.

 

Une semaine avant le spectacle de Nadine, nous sommes allés répéter dans la salle ou il aurait lieu. Pierre me présenta Nadine qui était une toute petite femme pleine de caractère. Je fis la connaissance des élèves dont l’âge allait de 5 ans à 18 ans. Je me rendis compte que Pierre était très populaire et que tout le monde l’appelait Peter. C’était agréable d’être entouré d’enfants. Ca bougeait de partout et j’aimais trop voir leurs regards étonnés quand je me mettais à faire des claquettes. Nous avons du répéter une ou deux fois notre chorégraphie pas plus. J’aurai bien aimé répéter plus de fois mais le temps nous était compté. Ce fut un moment agréable, j’ai même eu le temps d’aller pianoter sur le piano de la salle, ça faisait longtemps que je n’en avais pas eu l’occasion. A la fin de la répétition, je compris que Pierre m’avait bien eu…Peter n’avait rien d’un débutant en danse comme moi vu qu’il avait toujours dansé et avait déjà fait pas mal de scène, bref j’était le « rookie » du duo !

 

Le jour du spectacle de Nadine était arrivé. Pierre et moi étions dans les loges, le spectacle avait déjà commencé et la salle était comble. Tous les parents et amis étaient venus voir les élèves. A un moment Pierre m’appela pour que je vienne mettre notre costume. Il était très simple, il s’agissait d’un pantalon noir et d’un débardeur blanc. Après il me proposa de me maquiller, bien sûr j’ai refusé, je n’allais tout de même pas me maquiller vu que je suis un garçon. Il n’insista pas. « Les garçons c’est à vous !!! » s’écria Nadine, j’ai sursauté, le moment de vérité était arrivé.

 

Pierre et moi étions chacun de chaque coté de la scène, l’un coté court l’autre coté cœur. L’éclairagiste avait fait un noir scène. « Pan lan pan pan pan… », la musique venait de commencer, je ne pouvais plus reculer. En entrant sur scène j’eu un choc, je ne m’y attendais pas, je voyais le public donc j’étais conscient qu’il nous regardait. J’eu une drôle de sensation pendant les 10 premières secondes, je ne sentais plus mes pieds ! Fort heureusement, après, tout est rentré dans l’ordre. Mon cerveau avait repris le contrôle de mes pieds et j’arrivais à regarder le public. Tout se passa bien, Pierre et moi étions synchro. Quand la chorégraphie se termina nous avons salué le public puis nous avons quitté la scène sous un tonnerre d’applaudissement.

 

Ainsi se déroula ma première scène, les gens avaient apprécié notre prestation et moi finalement, malgré le trac des première secondes, j’avais beaucoup beaucoup aimé ça.

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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Mercredi 9 mars 2005

La semaine suivante arriva très vite. Nous continuons, comme convenu, à venir travailler la nouvelle chorégraphie après le cours avancé. Le dimanche de cette semaine nous avons découvert le nouveau site de nos répétitions. Il s’agissait d’un grand gymnase situé en plein cœur de Marseille. Nous répétions sur l’un des terrains de basket en bitume ce qui nous obligea, nous tap-dancer, à chausser des chaussettes ou des baskets. Lors de cette répétition tout le monde était là, nous, les danseurs de claquettes, mais aussi tous les élèves du cours de Jazz de Laurent. Dans le cours de Jazz il y avait en majorité des filles mais j’étais content de voir trois garçons. De plus il y avait un autre vieux monsieur qui faisait des claquettes qui était aussi présent (Robert) et un autre monsieur qui est arrivé après nous avec sa femme dans le cours débutant de claquettes. Bref nous étions au total sept garçons pour une vingtaine de femmes et filles.

 

L’ambiance était excellente. On déroulait les chorégraphies comme elles devraient se suivre lors du spectacle réel. De dimanche en dimanche on s’améliorait et on sentait monter progressivement la pression d’autant plus que nous avons du subir pas mal de coup de gueule de Laurent. Quand Laurent s’énervait on était vite calmé. Cet homme d’un calme respectable était un vrai meneur d’hommes (et de femmes). La date approchant nous avons aussi répété avec nos costumes qui étaient fins prêts. Ce fut un très bon moment où nous n’arrêtions pas de rigoler.

 

Quand Laurent nous annonça le lieu du spectacle, le Théâtre du Gymnase de Marseille, je me rappelle que pas mal de danseurs sentirent la pression monter d’un cran. Moi, ça ne me disait rien, il s’agissait d’une salle de spectacle comme une autre. Après on m’expliqua qu’il s’agissait d’un très grand théâtre, très coté, avec tapis rouge etc. Si je me rappelle bien le spectacle devait avoir lieu le 19 Juin 1999.

 

Nous étions quasiment prêt pour ce spectacle, les liens s’étaient resserrés entre nous, élèves du cours débutant de claquettes. Je me rappelle qu’après chaque cours nous allions boire un coup dans le bistrot d’à coté. Ca me faisait du bien d’autant plus que j’étais entouré en grande majorité de femmes !

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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Mardi 8 mars 2005
Le samedi suivant, alors que Pierre et moi nous apprêtions à quitter le cours, Laurent nous prit à part. Il nous demanda si nous pouvions venir à 18h après le cours avancée. Il voulait essayer quelque chose avec nous. Nous avons accepté avec plaisir. Je me demandais bien ce que Laurent comptait faire. C’est ainsi que nous sommes revenus au cours un peu avant 18h. Ceci nous a permis de découvrir ce que Laurent enseignait dans le cours avancé. C’était impressionnant. Les élèves exécutaient des mouvements d’une virtuosité exceptionnelle. Ca allait tellement vite que j’étais un peu dégoûté d’autant plus que j’étais fier de mes progrès.

 

Une fois le cours avancé terminé, Laurent vint s’occuper de nous. L’ambiance était particulière. Nous étions seuls avec, disons le, le maître. Nous n’entendions plus le bruit de la ville. L’atmosphère était quasi initiatique. Laurent nous plaça au centre de la salle côte à côte et au même niveau. Une fois que notre position lui satisfaisait il alla mettre la musique. Dès les premières notes, Pierre et moi avons reconnu le morceau. Laurent vint très rapidement nous montrer les premiers pas de la chorégraphie associée. Nous devions commencer cette chorégraphie en étant chacun à chaque bout de la salle, puis chacun d’entre nous avancions face à face en faisant si je me rappelle bien flap(D) , flap(G), flap(D), flap(G), flap(D), flap(G), flap(D) hop(D), flap(G) hop(G). En l’espace d’une heure Laurent nous montra toute la chorégraphie. Nous ne la maîtrisions pas tout à fait mais à deux nous étions en mesure de nous la remémorer. A la fin de ce moment inoubliable, Laurent nous proposa de venir la répéter la semaine prochaine à la même heure car elle nous permettrait de progresser et de mieux exécuter l’un des pas la constituant, le time-step. Avant notre départ, Pierre eu la bonne idée de demander à Laurent de nous faire un enregistrement du morceau de notre chorégraphie, sacré Pierre.

 

Il faisait déjà nuit quand je suis rentré chez moi, j’étais plus fatigué que d’habitude mais c’était une bonne fatigue parce que je m’étais bien éclaté. Je repensais à cette chorégraphie que nous venions de travailler, rêveur.

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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