Mardi 1 mars 2005 2 01 /03 /Mars /2005 00:00

"Ah voilà le garçon???" me suis-je répété dans ma tête. J'ai donc porté mon regard sur la droite et j'ai aperçu un couple de vieux accoudé derrière un comptoir qui me regardait avec un grand sourire. Après les formules de politesse je me suis présenté et ils m'ont demandé si c'était bien moi qui avait appelé, j'ai acquiescé. Tout en discutant avec eux je jetais un coup d'oeil dans la salle pour voir un peu la tête des élèves. A ma grande surprise il n'y avait effectivement que des femmes. La moyenne d'âge devait être aux alentours des 45 ans. Il y avait deux ou trois filles de mon âge, une dizaine de femmes ayant la quarantaine et deux mamies. L'ambiance était plutôt chaleureuse, j'avais l'impression de débarquer dans une famille. Laurent Biancotto, le prof de claquettes était très élégant. De son regard se dégageaient la sérénité, la sévérité et la sagesse. Il était habillé tout de noir et était chaussé de chaussures...de claquettes. Alors que nous discutions je sentais son regard me pénétrer. Je n'avais pas l'habitude qu'un homme me fixe du regard ainsi, j'étais mal à l'aise. Après il m'a invité à aller me changer dans le vestiaire homme. Une fois dans le vestaire je me suis encore dit "mais qu'est-ce que tu fais là Régis, il n'y a que des femmes dans ce cours...". De plus j'entendais déjà des jacassements à mon sujet dans la salle.

 

Finalement je me décidai à entrer dans la salle avec ma tenue, un bas de survêtement, un tee-shirt et une paire de chaussette. Très rapidement Laurent vint près de moi pour me faire essayer des chaussons car évidemment je n'avais pas encore ma paire de chaussure de claquette. Une fois la bonne paire trouvée le cours commença. On m'expliqua qu'il fallait que je me mette à la barre. Ca m'a fait sourire car ça me rappelait trop les images de danse classique que j'avais eu l'occasion de voir. Le cours commença sur l'échafaud de roue!!!Dès que le CD commença tous les élèves se mirent à exécuter des pas incompréhensibles. De mon coté j'essayais de suivre en faisant n'importe quoi. "Ca va trop vite" me suis-je dis, "je n'y arriverai jamais". Heureusement Laurent vint auprès de moi pour me montrer les pas de façon plus détaillée. Il m'expliqua, calmement, qu'aux claquettes chaque pas avait un nom et qu'il était important de retenir ces noms. C'est ainsi que j'ai découvert ce qu'était un shuffle, un step, un heel etc...Bien que je me trouvais nul il m'a affirmé que je me débrouillait très bien pour un premier cours. Tout au long du cours il montrait des pas puis des enchaînements. C'était intéressant, je commençais à me sentir à l'aise. Les élèves m'avaient bien accepté et je me faisais bien aider par les deux mamies qu'on appelait les deux Annie.

 

Vers la fin du cours, Laurent nous dit de faire trois rangées puis Lucette, sa femme, qui s'occupait de la sono mis une musique qui n'avait rien à voir avec celle qu'on utilisait pour s'entraîner. Laurent exécuta le début d'une chorégraphie. Ensuite il nous dit de faire de même. Moi je n'y étais pas du tout. En fait pour être à l'aise il fallait avoir mémorisé tous les enchaînements que nous avions vu auparavant. J'étais à des années lumières de penser qu'on allait dans un cours débutant de début d'année travailler sur une chorégraphie.

 

A la fin du cours Laurent et quelques élèves vinrent me voir pour me demander si ça s'était bien passé. En fait je m'étais trouvé tellement nul malgré les encouragements des élèves que je ne savais pas trop quoi répondre. Je leur ai finalement dit que j'avais bien aimé mais que ça serait mieux si j'avais eu des chaussures de claquettes. C'est ainsi qu'on en est arrivé à parler chaussures. Laurent m'a expliqué que je pouvais soit acheter une paire de chaussure toute faite, soit monter des fers sur une paire de chaussure. J'ai opté pour la deuxième solution.

 

Avant de partir j'ai remis ma paire de chausson à Laurent et je lui ai dit que je reviendrai.

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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Lundi 28 février 2005 1 28 /02 /Fév /2005 00:00

Septembre 1999, deux années s'étaient écoulées depuis mon départ de Lyon. Je vivais à Marseille et mis à part le championnat universitaire de football, je n'avais aucune autre activité extra-scolaire. J'avais envie de couper un peu avec le milieu estudiantin et c'est tout naturellement que j'ai pensé aux claquettes. Au départ je n'y croyais pas trop me disant qu'il serait très difficile de trouver un cours de claquettes débutant pour quelqu'un de mon âge! C'est donc avec des a priori que j'ai entammé ma recherche de cours. J'avais trouvé deux numéros dans l'annuaire. En appelant le premier je n'ai pas été convaincu par mon interlocuteur qui était flou et pas très motivant. Le second lui a été plus rassurant. Il m'a mis en confiance en me disant qu'on n'avait pas besoin d'avoir fait de la danse auparavant pour pratiquer les claquettes. Finalement il m'a proposé de venir faire un cours d'essai le samedi suivant.

 

Le jour J j'étais stressé. Je m'étais fait un scénario catastrophe de ce premier cours. En arrivant au pied du batîment du 2 rue Montgrand dans le sixième à Marseille j'étais un peu surpris de la vétusté du site. J'ai jeté un coup d'oeil autour de la porte jusqu'à ce que je trouve une sonnette. Avant de l'actionner je me suis encore demandé si j'avais fait le bon choix et si je ne devais pas laisser tomber tout ça. Finalement le destin m'a donné un coup à l'épaule et j'ai sonné. Un claquement s'en est suivi au sein de la porte. Elle était ouverte. Je l'ai poussée et en entrant à l'intérieur j'ai découvert devant moi un long et vieux escalier en colimaçon. Tout était vieux dans ce hall d'entrée mais j'aimais bien l'odeur de bois ancien qui s'y dégageait. Au fur et à mesure que je montais les marches ,qui n'arrêtaient pas de craquer, j'entendais de la musique et des bruits de claquettes. Arrivé au premier je me trouvais encore face à une porte. Une drôle de sensation m'envahit à cet instant. C'était un mélange d'excitation et d'anxiété. Je ne voulais pas entrer tout de suite. Il me fallait prendre la température du lieu et c'est pour celà que je suis resté pendant quelques minutes l'oreille contre la porte. C'était magique, j'étais devant la porte tant attendue.

J'ai donc poussé cette porte et tout d'un coup la musique et les sons des claquettes étaient nets. Je me suis trouvé face à un hall moquetté dont les murs étaient parsemés de poster. Il y avait quelques banc et une bonne odeur s'y dégageait. C'était très propre. Sur ma droite j'apperçu une porte ouverte qui donnait sur la piste de danse. De là personne ne pouvait me voir. Je me décidai donc à descendre la petite marche qui suivait la porte d'entrée du hall pour aller me prostrer à l'entrée de la salle. Quand j'y suis arrivé, j'ai découvert une salle d'à peu près 40 m² rendue très lumineuse par le reflet que produisait la lumière sur le parquet. Avant même que mon regard ne poursuivre son inspection qu'une voix qui sortait de ma gauche dit:

 

"Ah voilà le garçon!!!"

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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Vendredi 25 février 2005 5 25 /02 /Fév /2005 00:00

Décrire ce documentaire serait impossible. Au travers d'un homme, Honie Coles, je venais de découvrir tout un univers. Sans le savoir je venais de tirer le fil d'une pelote de laine. Je découvrais pour la première fois les claquettes noires américaines. J'étais émerveillé devant le Soft Shoes du duo Coles & Atkins. Honie Coles présentait les claquettes comme un vieux maître d'art martiaux, c'était magique. Grâce à cette vidéo j'ai découvert les noms suivants Bill "Bojangle" Robinson, John BubblesBrenda Buffalino et Savion Glover.

A la fin du documentaire j'étais triste d'apprendre que Honie nous avait déjà quitté. Il m'avait fait rêvé pendant 52 minutes.

Bien sûr j'en ai parlé à ma soeur. Je lui ai dit comment j'avais adoré ce documentaire et elle n'a pas manqué de me rappeler qu'elle me l'avait bien dit. Depuis ce jour je me suis juré que si j'avais l'occasion de pratiquer les claquettes il ne fallait pas que j'hésite. A l'époque je ne pouvais pas, j'étais un taupin accablé de boulot mais je venais de découvrir une porte ouverte dans ma petite vie et j'y manquerai pas d'y aller un de ces jours. Concernant la cassette, elle est en sécurité chez moi maintenant.

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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Jeudi 24 février 2005 4 24 /02 /Fév /2005 00:00

Salut à toutes celles et à tous ceux qui êtes venus visiter mon blog. Je m'appelle Régis mais sur internet j'ai toujours pour pseudo Rakoun, j'ai 29 ans, je vis à Champs-Sur-Marne et j'ai pour passion les claquettes. J'en fais depuis, hum...si mais souvenirs sont bons, depuis un peu plus de cinq ans.

C'est ma soeur qui de façon détournée m'a fait découvrir la danse claquette lorsque j'étais à Lyon entre 1994 et 1996. Elle pratiquait dans une petite école non loin du parc Lacroix Laval. A l'époque je me moquais d'elle surtout lorsqu'elle répétait dans sa chambre et que j'entendais des tac, tacatak tap toc...Un jour elle me dit, "Régis, j'ai enregistré un documentaire sur les claquettes il faut que tu le vois!!!". Je crois que je n'avais même pas fait attention à sa réflexion. Il faut dire que pour moi, les claquettes c'était plutôt ringard. J'avais entendu parlé de Fred Astair mais je ne savais même pas à quoi il ressemblait!

Un jour alors que je n'avais rien à faire, je suis allé squatter la chambre de ma soeur pour y visionner les quelques films qu'elle avait. En cherchant dans ses cassettes je suis tombé sur l'enregistrement dont elle m'avait parlé. Je me suis dit, "Tiens, c'est l'occasion ou jamais". J'ai donc mis cette cassette vidéo dans le magnétoscope.Je crois que le documentaire, qui était issue de l'émission "52 sur la une" commençait comme ceci:

 

"Connaissez-vous Honi Coles?"

 

Par Rakoun - Publié dans : tap-dance
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