Septembre 1999, deux années s'étaient écoulées depuis mon départ de Lyon. Je vivais à Marseille et mis à part le championnat universitaire de football, je n'avais aucune autre activité extra-scolaire. J'avais envie de couper un peu avec le milieu estudiantin et c'est tout naturellement que j'ai pensé aux claquettes. Au départ je n'y croyais pas trop me disant qu'il serait très difficile de trouver un cours de claquettes débutant pour quelqu'un de mon âge! C'est donc avec des a priori que j'ai entammé ma recherche de cours. J'avais trouvé deux numéros dans l'annuaire. En appelant le premier je n'ai pas été convaincu par mon interlocuteur qui était flou et pas très motivant. Le second lui a été plus rassurant. Il m'a mis en confiance en me disant qu'on n'avait pas besoin d'avoir fait de la danse auparavant pour pratiquer les claquettes. Finalement il m'a proposé de venir faire un cours d'essai le samedi suivant.
Le jour J j'étais stressé. Je m'étais fait un scénario catastrophe de ce premier cours. En arrivant au pied du batîment du 2 rue Montgrand dans le sixième à Marseille j'étais un peu surpris de la vétusté du site. J'ai jeté un coup d'oeil autour de la porte jusqu'à ce que je trouve une sonnette. Avant de l'actionner je me suis encore demandé si j'avais fait le bon choix et si je ne devais pas laisser tomber tout ça. Finalement le destin m'a donné un coup à l'épaule et j'ai sonné. Un claquement s'en est suivi au sein de la porte. Elle était ouverte. Je l'ai poussée et en entrant à l'intérieur j'ai découvert devant moi un long et vieux escalier en colimaçon. Tout était vieux dans ce hall d'entrée mais j'aimais bien l'odeur de bois ancien qui s'y dégageait. Au fur et à mesure que je montais les marches ,qui n'arrêtaient pas de craquer, j'entendais de la musique et des bruits de claquettes. Arrivé au premier je me trouvais encore face à une porte. Une drôle de sensation m'envahit à cet instant. C'était un mélange d'excitation et d'anxiété. Je ne voulais pas entrer tout de suite. Il me fallait prendre la température du lieu et c'est pour celà que je suis resté pendant quelques minutes l'oreille contre la porte. C'était magique, j'étais devant la porte tant attendue.

J'ai donc poussé cette porte et tout d'un coup la musique et les sons des claquettes étaient nets. Je me suis trouvé face à un hall moquetté dont les murs étaient parsemés de poster. Il y avait quelques banc et une bonne odeur s'y dégageait. C'était très propre. Sur ma droite j'apperçu une porte ouverte qui donnait sur la piste de danse. De là personne ne pouvait me voir. Je me décidai donc à descendre la petite marche qui suivait la porte d'entrée du hall pour aller me prostrer à l'entrée de la salle. Quand j'y suis arrivé, j'ai découvert une salle d'à peu près 40 m² rendue très lumineuse par le reflet que produisait la lumière sur le parquet. Avant même que mon regard ne poursuivre son inspection qu'une voix qui sortait de ma gauche dit:
"Ah voilà le garçon!!!"